Sans titre
Quand je vois quelque chose de beau
C’est comme si des vagues de soie
Ondulaient à l’intérieur de mes yeux
Alors je ne suis plus sûre de la réalité
Car je suis trop légère
Pour Tove
Tove Ditlevsen
Tove, dans ses réflexions me ressemble autant qu’elle se distingue de moi.
Ce qui est très étrange, et qui ne m’arrive pas souvent, c’est qu’elle ne m’est pas entièrement sympathique.
Quand je lis une autobiographie ou un récit de vie, il est très rare que je me rende compte que je n’aime pas la personne que je lis. Pourtant, Tove, même si je m’attache elle, m’agace souvent, me semble parfois naïve, parfois mauvaise. Je la trouve extraordinaire oui, mais prétentieuse. Égoïste, elle ne semble pas vraiment comprendre que les autres ont des ressentis, du moins elle ne les mentionne pas ou seulement pour décrire assez froidement le comportement de l’autre, lorsqu’il réagit à quelque chose qu’elle a fait. Elle-même qui observait chez sa mère une totale incapacité à se mettre dans la tête des autres, à imaginer ce que les autres pouvaient ressentir.
Elle a une manière brute et complètement métaphorique d’envisager la ville, les rues, de regarder son environnement. Elle est lucide, se livre complètement (sinon pourquoi lui-trouverais-je des défauts). Son histoire me touche. Elle a détruit sa propre vie. Elle est tombée dans un désastre.
Écrire
Écrire court c’est rassurant. Si je pars dans les tours ça risque d’être rempli de superlatifs et beaucoup trop.
Ode à l’oeuf
Les oeufs c’est délicieux !
3 min dans l’eau bouillante, pas une seconde de plus
Accompagné d’un café allongé et d’un toast
C’est ainsi que je l’aime l’œuf
L’appartement
Nous habitons notre premier appartement
Avoir sa pièce, sa chambre à soi : quelle joie.
Toquée, fan de cinéma et perfectionniste à l’extrême, j’étais bien obligée d’accorder une attention particulière et implacable à la beauté de mon environnement proche. Ce n’est pas pour rien que j’ai choisi Paris. Ce n’est pas non plus pour rien que, malgré sa petitesse, ses problèmes d’isolation, d’insonorisation et son agencement pour le moins étonnant, j’ai choisi cet appartement (enfin, l’ai-je choisi ?).
17ème arrondissement, presque collé au 18ème. Cinquième étage, sans ascenseur (nous avons eu l’appartement car la locataire que le propriétaire avait choisi avant nous s’est cassé la jambe et a abandonné l’idée). Salon-cuisine de 10 mètres carré, chambre de 17 mètres carré, salle de bain si petite que quand je ferme la porte je touche tous les murs (j’exagère un peu par goût de l’hyperbole mais l’image n’est pas loin de la réalité). Humidité excessive, chauffage cher. Voilà le dessin.
Et pourtant, je l’aime : exigu, charmant, vue sur quelques toits. C’était le recoin de poète qu’il me fallait. J’adore la grande table à manger collée à la fenêtre : j’y écris et travaille. J’adore notre bibliothèque encastrée dans les murs (même si le manque d’isolation a failli avoir raison de notre collection). La cuisine est minuscule mais pour la première fois, nous avons plusieurs plaques de cuisson. Petit à petit, les murs se couvrent d’affiches, de cartes postales et de lettres. On organise des apéros avec du fromage et des toasts. On a même petit meuble, trouvé chez Emmaüs, qui possède un range bouteilles : j’aspire à devenir grande oenologue.
Avant d’habiter ici, nous habitions chacun dans une petite chambre de bonne. Et encore avant, chez nos parents : ceci est donc notre premier appartement !
Grandir
Petit texte sur les anniversaires…
Ahhh les anniversaires, ces jours qui angoissent ou qui ravissent selon les cas.
Personnellement, j’ai toujours adoré. Chaque année, c’est le jour magique où je me sens protégée du malheur. Chaque année, j’appréhende avec angoisse l’heure de minuit où l’enchantement sera levé et où tout reviendra à la normale. C’est un jour de fête.
Le 13 février, je dois me sentir légère, être contente, excitée, planer dans la félicité. Il ne faut pas qu’une seule pensée négative ne pollue mon esprit. J’en fait presque une syncope perfectionniste.
Pourtant, cette année, pour la première fois, je crois que la valeur mystique et spirituelle que j’accordais à mon anniversaire a disparu. J’ai bien essayé de la retrouver mais le charme tout particulier de ce jour sacré s’est levé de lui-même. Ne demeure que le réel qui me colle à la peau.