L’appartement
Avoir sa pièce, sa chambre à soi : quelle joie.
Toquée, fan de cinéma et perfectionniste à l’extrême, j’étais bien obligée d’accorder une attention particulière et implacable à la beauté de mon environnement proche. Ce n’est pas pour rien que j’ai choisi Paris. Ce n’est pas non plus pour rien que, malgré sa petitesse, ses problèmes d’isolation, d’insonorisation et son agencement pour le moins étonnant, j’ai choisi cet appartement (enfin, l’ai-je choisi ?).
17ème arrondissement, presque collé au 18ème. Cinquième étage, sans ascenseur (nous avons eu l’appartement car la locataire que le propriétaire avait choisi avant nous s’est cassé la jambe et a abandonné l’idée). Salon-cuisine de 10 mètres carré, chambre de 17 mètres carré, salle de bain si petite que quand je ferme la porte je touche tous les murs (j’exagère un peu par goût de l’hyperbole mais l’image n’est pas loin de la réalité). Humidité excessive, chauffage cher. Voilà le dessin.
Et pourtant, je l’aime : exigu, charmant, vue sur quelques toits. C’était le recoin de poète qu’il me fallait. J’adore la grande table à manger collée à la fenêtre : j’y écris et travaille. J’adore notre bibliothèque encastrée dans les murs (même si le manque d’isolation a failli avoir raison de notre collection). La cuisine est minuscule mais pour la première fois, nous avons plusieurs plaques de cuisson. Petit à petit, les murs se couvrent d’affiches, de cartes postales et de lettres. On organise des apéros avec du fromage et des toasts. On a même petit meuble, trouvé chez Emmaüs, qui possède un range bouteilles : j’aspire à devenir grande oenologue.
Avant d’habiter ici, nous habitions chacun dans une petite chambre de bonne. Et encore avant, chez nos parents : ceci est donc notre premier appartement !