Pour Tove
Tove Ditlevsen
Tove, dans ses réflexions me ressemble autant qu’elle se distingue de moi.
Ce qui est très étrange, et qui ne m’arrive pas souvent, c’est qu’elle ne m’est pas entièrement sympathique.
Quand je lis une autobiographie ou un récit de vie, il est très rare que je me rende compte que je n’aime pas la personne que je lis. Pourtant, Tove, même si je m’attache elle, m’agace souvent, me semble parfois naïve, parfois mauvaise. Je la trouve extraordinaire oui, mais prétentieuse. Égoïste, elle ne semble pas vraiment comprendre que les autres ont des ressentis, du moins elle ne les mentionne pas ou seulement pour décrire assez froidement le comportement de l’autre, lorsqu’il réagit à quelque chose qu’elle a fait. Elle-même qui observait chez sa mère une totale incapacité à se mettre dans la tête des autres, à imaginer ce que les autres pouvaient ressentir.
Elle a une manière brute et complètement métaphorique d’envisager la ville, les rues, de regarder son environnement. Elle est lucide, se livre complètement (sinon pourquoi lui-trouverais-je des défauts). Son histoire me touche. Elle a détruit sa propre vie. Elle est tombée dans un désastre.